Le Général Séré de Rivières, le Fort de Bourlémont, Le fort d'Uxegney
Né à Albi (Tarn) le 20 mai 1815, Raymond Séré de Rivières entre à l’école polytechnique à l’âge de 20 ans avant de rejoindre l’école d’application de l’artillerie et du Génie de Metz d’où il sort deux ans plus tard avec le grade de Sous-Lieutenant.
Capitaine de deuxième classe en janvier 1843, il est nommé à la Chefferie de Toulon en avril. A ce poste, il développe son idée maîtresse de faire reposer les défenses de la place sur un ensemble de forts détachés, plutôt que sur une ligne continue. Il occupe ensuite le poste de chef du génie successivement à Castres (mars 1849), à Carcassonne (juillet 1853), à Orléans (mars 1860), à Paris Nord (octobre 1860) puis à Nice (de janvier 1862 à août 1864). Chef du génie de Metz, il est chargé d’octobre 1864 à avril 1868 de la mise en œuvre du camp retranché. Sur les huit forts prévus, il n’aura que le temps de commencer la construction de quatre ouvrages (Saint Quentin, Plappeville, Saint-Julien et Queuleu).
Nommé colonel en mars 1868, il devient dès avril directeur des fortifications de Lyon avec pour mission d’en réorganiser la défense de la place. Il adopte alors la conception de Montalembert et donne à ses ouvrages la physionomie d’une imposante batterie.
Séré de Rivières est promu général de brigade en octobre 1870, après s’être fait remarquer par son attitude à Lyon, où il parvient tout à la fois à contrôler l’insurrection populaire et à mettre la place en état de défense. En 1871, à la tête du génie du 2e corps de l’armée de Versailles, il dirige les sièges des forts d’Issy, de Vanves et Montrouge, qu’il enlève aux Fédérés en mai, en limitant les pertes humaines.
Une fois la paix revenue, Séré de rivières est chargé de diriger une reconnaissance sur la frontière italienne, à l’automne 1871. Il faut réorganiser la défense de la France dans son ensemble et la barrière des Alpes doit elle aussi faire l’objet d’une attention particulière.
En mai 1872, malgré ses réticences, il est chargé de l’instruction du procès du maréchal Bazaine et remet le 6 mars 1873 un rapport accablant pour Bazaine, dont les responsabilités et les échecs sont mis en valeur (les conséquences de la chute de Metz)
En juin 1873, il prend le poste de secrétaire du Comité de Défense pour jeter les bases d’une nouvelle défense du territoire. Celle-ci n’a pas évolué depuis 1858 (théories de Vauban ayant brillamment fait leurs preuves en leur temps) Mais suite à l’utilisation de l’artillerie rayée tirant des obus explosifs, et avec le choc de la défaite de 1871, il devenait nécessaire de revoir l’ensemble du système français de fortification. Il propose au travers de plusieurs mémoires un nouveau système fortifié : Les deux textes fondateurs du système défini et mis en œuvre par lui sont :Considérations sur la reconstitution de la frontière de l’Est (remis au Comité le 21 juin 1873, adopté à l’unanimité et exposé le 15 novembre suivant) et Exposé sur le système défensif de la France (déposé le 20 mai 1874, le 17 juillet suivant, la loi relative à l’amélioration des défenses de la frontière de l’Est est promulguée).
En 1874, Séré de Rivières devient directeur du Service du Génie au ministère de la Guerre ; il est chargé de la construction d’une défense de Dunkerque à Nice, qui portera son nom (réalisée de 1874 à 1885). Elevé au grade de général de division en octobre, il partage la frontière du nord et du nord-est en quatre groupes :
1. Le groupe Jura, avec la place de Besançon comme base
2. Le groupe Vosges, s’appuyant sur Epinal et Belfort
3. Le groupe de la Meuse moyenne, constitué par un rideau d’ouvrages reliant Verdun à Toul par les Hauts de la Meuse
4. Le groupe Nord, s’étendant de Montmédy à Dunkerque, s’appuyant sur Maubeuge et Lille
La défense de la frontière italienne est aussi prévue par un renforcement des vieilles forteresses de montagne, contrôlées par le camp retranché de Lyon. Le littoral est également renforcé par les places fortes de Nice et Toulon, sans oublier quelques points de la frontière pyrénéenne ainsi que le long de la côte atlantique. Le centre du système est la place fortifiée Paris, protégée par une nouvelle ceinture de forts. L’originalité de ce système consiste en une association de défenses fixes et statiques et de trouées, défendues par des armées en mouvements. Ainsi il réalise jusqu’à fin 1885 quelques 400 ouvrages (196 forts, 58 petits ouvrages et 278 batteries). Le montant de ces travaux s’élève à environ 450 millions de francs or.
![]() Le Fort d'Uxegney | En janvier 1880, suite à une polémique lancée à l’encontre des services du Génie, il est relevé de ses fonctions ; il est alors remplacé par Cosseron de Villenoisy, qui poursuivra son programme sans grands changements. Le 16 février 1895, le général Séré de Rivières meurt à Paris, il repose aujourd’hui au cimetière du Père Lachaise. |